
SÉJOUR À TOKYO
Tout avait été soigneusement préparé pour ce voyage qui devait, du 13 juin au 7 juillet, nous emmener de Tokyo à Séoul, en passant par, excusez du peu, Fujikawagouchiko, Kyoto et Nara, Horoshima, Fukuoka, de là en bateau, en Corée du Sud avec les étapes suivantes : Busan, Geongjiu, Andong et Séoul. Tout s’annonçait sous les meilleurs auspices avec en plus un aller en classe Affaires (grâce à nos miles Amex), toutes les réservations avaient, contrairement à notre habitude, été effectuées, même l’excursion, tout à la fin du voyage à partir de Séoul, à la DMZ, la zone tampon entre la Corée du Sud et la Corée du Nord.
Arrivée, donc, à Tokyo (aéroport Haneda) le 13 juin en matinée, direction la gare de Shinjuku, notre AirBnB se trouvant dans ce secteur, plus exactement un peu au nord de l’avenue Syokuan-Dori (j’apprendrai par la suite qu’il s’agit du quartier coréen de la capitale japonaise), pas très loin de la station de métro Higashi-Shinjuku.
Photos. Syokuan-Dori à l’approche du carrefour avec l’avenue Meiji-dori, ruelles de notre quartier, juste à l’arrière de la rangée d’immeubles sur l’avenue, et c’est souvent comme cela.



Le métro de Tokyo.

À l’aéroport Haneda, premier contact avec le métro de Tokyo assez (très) laborieux mais bon, nous nous sommes fait aider et y sommes arrivés, nous gagnons notre gîte (pas terrible) et nous nous installons dans notre chambre, pas terrible non plus, il faut bien le dire. Une fois installés, notre deuxième trajet en métro (un peu moins compliqué) nous amène, sur le coup de 15 heures, à la station Ginza, en plein centre ville, et à partir de là nous commençons notre balade/exploration de l’hypercentre de la capitale.
Ginza, le quartier du luxe.





À quelques centaines de mètres de là, la douve qui ceinture le palais impérial (et borde les bâtiments le long de Hibiya-dori), le pont Nijubashi qui mène au palais et la statue du samouraï Kusunoki Masashige dans le parc.






La même perplexité se lit sur la visage de Madame devant le premier menu que devant le plan du métro de Tokyo quelques heures auparavant.

Le 14 juin. Démarrage sur les chapeaux de roue ce matin, il est 9h20 et nous nous dirigeons vers la station Shinjuku-Sanchome. En chemin nous passons devant le sanctuaire shinto Hanazozo-jinja, entrevoyons quelques rues et ruelles encore calmes à cette heure matinale, à l’approche de la gare…



… où nous prenons les lignes Shinjuku puis Asakusa et nous voilà déjà (à 10h30) au sanctuaire Asakusa, site du plus vieux temple bouddhiste d’Edo (comme s’appelait alors Tokyo) : Senso-ji, dédié à la déesse Kannon. Pagode à 5 étages.





Beaucoup de monde au temple ce matin-là, comme tous les matins.






Une rue du quartier puis la rivière Sumida-gawa avec, de l’autre côté, l’Asahi Beer Hall, siège du groupe Asahi (la flamme d’or, supposée évoquer la mousse dorée qui caractérise la bière en question, a été très irrespectueusement baptisée « étron d’or » par les tokyoïtes ; bien vu!). Un peu plus loin dans la même direction, le Skytree (634 m).




Direction ensuite : le parc d’Ueno, le plus grand parc de Tokyo, à 2 kilomètres de là environ. À l’entrée, imposante statue de Saigo Takamori, célèbre samouraï japonais du XIX-ème s. Autre pagode à 5 étages : Kanei-ji Gojunoto.






Emportés par notre élan, nous poursuivons (à pied) vers le nord, empruntons une ruelle sympathiquement rebaptisée et traversons un petit quartier très calme jusqu’au pittoresque cimetière Yanaka. Retour par la station Nippori.








Le 15 juin. La journée s’annonçait belle, quoique légèrement venteuse et pluvieuse, mais pas de quoi nous arrêter. Au programme de ces premières heures, le nouveau quartier administratif à l’ouest de la gare de Shinjuku et sa forêt de bâtiments à grande hauteur. Nous sommes fin prêts, Alexandra se charge du parapluie, je suis, moi, équipé (et un peu encombré) comme d’habitude : sac à dos, appareil photo sorti, sacoche de l’appareil en bandoulière, guide et plan à la main, tout cela sous une petite pluie que nous espérons passagère. Nous traversons Kabuchiko, le quartier sans doute le plus « chaud » de la capitale, qui est très calme à cette heure-là, puis traversons la gare.



Il est juste avant 10 heures, nous sommes maintenant au tout début de l’avenue Chuo-dori ; je m’abrite sous un auvent pour me réharnacher ou consulter le plan, Alexandra me suit. Elle pose le parapluie à terre pour m’aider et là, une saute de vent emporte le parapluie vers la chaussée, instinctivement elle se précipite pour le rattraper, glisse sur une plaque métallique mouillée et c’est la chute, en arrière, plutôt douce en fait. Mais, cri de douleur, impossibilité de se relever, c’est juste au dessus de la cheville gauche et il suffit d’un simple coup d’oeil pour comprendre l’ampleur de la catastrophe, et accessoirement que le Japon et la Corée c’est terminé : fracture ouverte (il y a du sang, on voit des choses…) du tibia. A l’aide de 2 ou 3 personnes Alexandra est transportée à l’intérieur du bureau devant lequel nous étions, installée sur une chaise et quelqu’un téléphone. Attente (qui nous semble interminable) et enfin arrive l’ambulance. Prise en charge, mais le véhicule tarde à démarrer, échange de sourds entre l’équipage qui me fait comprendre qu’il veut des garanties financières et moi-même qui ne parle pas un mot de japonais. Il me montrent une carte bancaire, je fais mine de ne pas comprendre, je hausse le ton et montre Alexandra qui n’est pas bien et s’impatiente, de leur côté ils passent des coups de téléphone … Bref, cela a bien duré 10 minutes (et c’est long 10 minutes dans ces cas-là!), enfin le véhicule se décide à démarrer. Le trajet me paraît long, je me demande où ils nous emmènent, enfin nous arrivons, c’est le service d’urgence d’un hôpital. C’est très calme, pas grand monde, Alexandra est emmenée, on m’installe dans une salle avec d’autres et c’est l’attente. Première chose à faire, prévenir IMA à Niort, mais je n’ai pas le N°, le dossier « santé etc… » est resté dans la valise au AirBnB. Je fais le N° de Londres où il est 2 heures du matin pour dire : « Édouard, nous avons un problème, un gros problème ». Il me trouve illico le N° d’IMA, que je contacte tout de suite, le dossier est immédiatement ouvert à Niort, et c’est là un premier soulagement, nous ne sommes plus tout à fait seuls, d’autant que la personne au téléphone fait preuve de beaucoup d’empathie Nous convenons avec Edouard d’attendre un peu avant l’informer ses soeurs.
Le lieu de la chute (capture d’écran), le départ en bleu, la glissade et l’arrivée en rouge. L’hôpital.



Attente, les cent pas… Je parviens à rejoindre Alexandra dans son alvéole, la rassure (les contacts sont pris : IMA, Edouard…) et nous essayons d’échanger avec le personnel, la question qui se pose maintenant est celle du rapatriement, et pour cela, Niort, que je tiens au courant, demande une ou des radiographies de la fracture. Je les obtiens, les photographie et les leur envoie et là, le verdict tombe : pas question de prendre l’avion dans ces conditions (avant que la plaie soit refermée), les risques d’infection sont trop grands. Bon, au moins c’est clair. Nous voilà bloqués à Tokyo pour un petit bout de temps (que l’on ne ma précise pas), Alexandra dans cet hôpital qui me fait très bonne impression, et moi qui vais devoir dans l’immédiat me trouver un logement dans les environs.
Autour de la gare de Shinjuku. Quadrilatère rouge : Kabuchiko, carré jaune : Golden Gai, rond bleu : notre airbnb, rond rouge : la chute, rond jaune l’hôpital, rond vert, mon e-hôtel.

La fracture, le fixateur externe, la vue de sa chambre au 14-ème, mon hôtel, ma chambre (aux dimensions plus que modestes) et mon 7/11 juste en face.







IMA m’informe que leur correspondant à Tokyo a été contacté, donc, de ce côté-là « tout va bien ». Pendant ce temps, à Londres, branle-bas de combat. Édouard m’informe qu’au lieu de partir pour New York où il devait se rendre le lendemain pour son travail, c’est pour Tokyo qu’il partira, ils y ont un bureau, ce sera donc un déplacement professionnel à Tokyo. Toute la famille s’y met pour réunir en quelques heures tout ce dont Granny pourrait avoir besoin pour tenir plusieurs semaines. Tout plein de livres, des cassettes et un lecteur, un second téléphone, des friandises bien sûr etc… À son arrivée à Tokyo, Édouard est invité (suggestion de ses soeurs) à trouver un magasin de laine pour y acheter des pelotes et des aiguilles… C’est ainsi qu’il débarque à l’hôpital le 17 avec une valise pleine. il restera 48 heures, le temps aussi de passer au bureau et de me familiariser avec l’ordinaire japonais (petits restaurants, plats, etc…), car je vais devoir me débrouiller seul !?!)


Voilà. Une routine s’est vite installée, visite le matin (mon hôtel n’était qu’à 20 minutes à pied de l’hôpital), exploration de la capitale en ce qui me concerne avec retour vers 17 heures auprès de la patiente.


Opération fixée au 25 juin. Avant et au réveil (l’opération aura duré un peu plus de 5 heures, il s’est agi de reconstituer et remettre ensemble, selon les mots du chirurgien, les pièces du puzzle).




Le chirurgien et le personnel médical.




Au final Alexandra a été très bien soignée (le chirurgien a fait un excellent travail aux dires de ses collègues français vus après), très bien traitée (pour les repas entre autres même si à la fin elle n’en pouvait plus du riz), les infirmières ont été très attentionnées, IMA prenant régulièrement de ses nouvelles, jusqu’au jour où elle a été jugée « fit to fly ». Rapatriement du National Center for Global Health & Medicine de Tokyo-Shinjuku au 993, avenue de la République à Marcq dans d’excellentes conditions., nous avons tenu à exprimer notre gratitude à tous ceux qui nous ont aidés et soutenus, et surtout la MAIF par l’entremise d’Inter-Mutuelles-Assistance.
Cerise sur le gâteau, retour en classe Affaires pour nous deux.

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